Une transformation globale autour de quatre piliers
Le projet s’appuie sur quatre piliers majeurs : optimiser l'efficacité énergétique pour satisfaire les besoins locaux, intégrer des déchets qui n'étaient pas valorisés jusqu'à présent, diminuer fortement la dépendance vis-à-vis des centres d'enfouissement externes, et améliorer l'empreinte environnementale du site. Concrètement, la transformation repose sur plusieurs composantes complémentaires.
La chaufferie CSR
Le projet prévoit la création d'une chaufferie utilisant des Combustibles Solides de Récupération (CSR). Les CSR sont des combustibles préparés à partir de déchets non recyclables, après tri et extraction des éléments polluants. Ils sont composés de fractions à fort pouvoir calorifique et permettent de remplacer des énergies fossiles dans des installations adaptées.
Cette chaufferie valorisera sur place les refus issus du tri des ordures ménagères et les digestats séchés, qui ne peuvent plus retourner au sol. Ces résidus, assemblés en un « CSR mixte », seront transformés en chaleur injectée dans le réseau de chauffage urbain de la Métropole, ainsi qu'en électricité.
Contrairement à une unité de valorisation énergétique (UVE) classique qui brûle des déchets bruts, une chaufferie CSR utilise un combustible spécifiquement préparé, dont les éléments polluants (notamment le PVC) ont été préalablement écartés. Une chaufferie CSR est soumise à des exigences environnementales renforcées sur les rejets atmosphériques, plus strictes que celles imposées aux chaufferies biomasse ou gaz. La création de cette installation impose aussi la réalisation d'une étude de risques sanitaires instruite par l'Agence Régionale de Santé et l'Autorité environnementale.
L’unité TVD
Le projet prévoit la construction d'un bâtiment spécifique, nommé « TVD » (Tri pour Valorisation de Déchets), sur la réserve foncière au sud-est du site actuel. Cette nouvelle unité est conçue pour transformer des flux volumineux et hétérogènes (encombrants et refus de tri des collectes sélectives) en ressources énergétiques et en matières calibrées.
Le bâtiment TVD s'articule autour de deux fonctions principales : une ligne de pré-tri performante qui permet d'extraire les matières encore recyclables et de préparer les flux restants pour une valorisation énergétique optimale ; et une unité de préparation de CSR multi-qualités, capable de produire différents types de combustibles adaptés aux besoins techniques des cimentiers.
Grâce à cet outil, le site ne se contentera plus de traiter les ordures ménagères : il deviendra un véritable centre multi-flux, capable de gérer des objets volumineux et des matériaux disparates, jusqu'ici peu ou pas valorisés.
La production de biométhane
La production d'énergie verte sur le site repose sur l'optimisation des digesteurs existants, au cœur du traitement biologique des déchets. Jusqu'à présent, le biogaz issu de la méthanisation est valorisé dans des moteurs de cogénération produisant chaleur et électricité. Le projet prévoit de remplacer ces moteurs par un module d'épuration de pointe, capable de transformer le biogaz en biométhane, un gaz 100 % vert aux propriétés identiques à celles du gaz naturel.
Ce biométhane sera directement injecté dans le réseau public de distribution de gaz, permettant aux habitants d'utiliser pour leur cuisine ou leur chauffage une énergie produite localement à partir de leurs propres déchets. Le remplacement des moteurs par un module d'épuration silencieux et sans combustion directe participera aussi à la réduction des émissions atmosphériques et des nuisances sonores.
Les digesteurs seront en outre rénovés et passeront d'un régime thermophile (haute température) à un régime mésophile (température modérée), ce qui diminuera leur consommation de chaleur et améliorera la robustesse du procédé biologique. Cette stratégie permettra de traiter, à l'horizon 2040, plus de 10 000 tonnes de biodéchets métropolitains.
Sécurité et environnement
La sécurité incendie et la maîtrise des nuisances environnementales sont des priorités transversales du projet.
En matière de sécurité, le renforcement des dispositifs est prévu sur l'ensemble des unités : protection dédiée de la chaufferie CSR et de ses zones de stockage, sécurisation du bâtiment TVD et des halls existants par un système de sprinklage, et modernisation des utilités techniques avec des équipements de nouvelle génération.
En matière d'environnement, la maîtrise des odeurs fait l'objet d'une refonte profonde. Le projet supprime la phase de fermentation et maturation des digestats issus des ordures ménagères, procédé historiquement source de nuisances. Ces matières seront désormais traitées beaucoup plus rapidement par déshydratation renforcée puis séchage, et resteront confinées dans des espaces fermés. L'air le plus chargé en odeurs sera capté et utilisé comme air de combustion dans la chaufferie CSR : en passant par un foyer à très haute température, les composés odorants seront intégralement détruits.
Le traitement des fumées de la chaufferie CSR reposera sur les Meilleures Techniques Disponibles (MTD) avec des niveaux d'émissions bien plus stricts que les valeurs limites fixées par les réglementations française et européenne.

